Le conseil est l'activité freelance la plus répandue en France. Management, stratégie, transformation digitale, IT, RH, finance, marketing : des dizaines de milliers de consultants exercent en indépendant et se posent la même question au moment de se lancer — quel statut juridique choisir pour maximiser leur revenu net ?
Contrairement aux développeurs freelances ou aux architectes, le consultant n'est soumis à aucune obligation réglementaire particulière : pas d'ordre professionnel, pas de diplôme obligatoire, pas de caisse spéciale. Ce qui laisse une grande liberté de choix — mais aussi une responsabilité de bien choisir.
Ce guide couvre tout ce dont vous avez besoin : la distinction BNC vs BIC, le comparatif chiffré des cinq statuts disponibles, les TJM par spécialité, les frais déductibles spécifiques aux consultants, la stratégie optimale selon votre niveau de CA et six pièges fréquents à absolument éviter.
Consultant freelance : BNC, BIC ou les deux ?
La première question fiscale à régler est la nature de votre activité. Elle détermine votre régime d'imposition et vos plafonds.
Si vous vendez exclusivement du temps de conseil intellectuel — analyse, recommandation, accompagnement, formation, audit — votre activité relève des BNC (bénéfices non commerciaux). C'est le cas de la quasi-totalité des consultants en management, stratégie, RH, finance, marketing digital et IT qui n'ont pas de produit physique ni de logiciel à revendre.
Si vous revendez un logiciel tiers, des licences, du matériel ou des produits tangibles à titre principal, vous basculez en BIC (bénéfices industriels et commerciaux). Dans ce cas, l'abattement forfaitaire passe à 50 % (vs 34 % en BNC) mais les taux de cotisations URSSAF en micro baissent également (21,2 % vs 23,1 %).
En pratique, un consultant qui propose à la fois du conseil pur et quelques abonnements SaaS revendus doit ventiler ses flux. En cas de doute sur la qualification de votre activité, un guide dédié BNC vs BIC vous permettra de trancher — et en cas de cas limite, un rescrit fiscal auprès de votre SIE est la solution la plus sûre.
TVA sur les honoraires : vos prestations sont soumises à la TVA à 20 % dès que vous dépassez le seuil de franchise de base de 37 500 € HT. En B2B, cela n'impacte pas votre client (qui récupère la TVA), mais en B2C ou avec des associations et collectivités qui ne récupèrent pas la TVA, vos honoraires deviennent 20 % plus chers ou vous devez absorber la différence.
Comparatif des 5 statuts pour un consultant freelance en 2026
Voici les cinq options disponibles pour un consultant indépendant, avec leurs avantages et inconvénients principaux :
1. Micro-entreprise BNC (auto-entrepreneur)
Le micro-BNC est la porte d'entrée habituelle. Plafond 83 600 € HT de CA annuel, abattement forfaitaire de 34 % (donc pas de déduction des frais réels), cotisations URSSAF à 23,1 % du CA HT, franchise TVA jusqu'à 37 500 €. Création gratuite en quelques minutes sur l'INPI.
Le micro-BNC est compétitif tant que vos frais réels ne dépassent pas 34 % de votre CA — ce qui est souvent le cas pour les consultants avec peu de charges variables. À 80 k€ de CA avec 10 k€ de frais réels, la micro-entreprise donne souvent un net supérieur à l'EURL ou à la SASU. C'est la surprise que beaucoup de consultants découvrent en faisant tourner le simulateur.
Limite principale : pas de déduction des frais réels, pas de dividendes, pas d'accès à l'ARE (chômage) si vous quittez un CDI pour vous lancer. Et dès que votre CA dépasse 83 600 €, vous êtes obligé de changer de statut.
2. EI au réel BNC (déclaration contrôlée 2035)
L'EI au régime réel vous permet de déduire vos frais professionnels réels via le formulaire 2035. Pas de plafond de CA, régime TNS (SSI) comme en EURL, comptabilité de trésorerie par défaut. Aucune distinction avec l'EI IS ou l'EURL sur le plan des cotisations sociales.
Intéressant pour les consultants avec des frais réels supérieurs à 34 % de leur CA, ou pour ceux dont le CA dépasse 83 600 € et qui ne souhaitent pas la complexité d'une société. Mais attention : pas de dividendes possibles (vous n'avez pas de société), pas d'accès à l'ARE, et votre responsabilité patrimoniale est limitée depuis la réforme 2022 (séparation patrimoine pro/perso automatique).
3. EURL à l'IS
L'EURL est une SARL à associé unique. Le gérant relève du régime TNS (Sécurité Sociale des Indépendants), avec des cotisations sociales d'environ 40–45 % de la rémunération. L'IS s'applique sur le bénéfice : 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà.
Point clé : en EURL, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social + primes d'émission + comptes courants d'associé est soumise aux cotisations SSI (~45 %). Avec un capital à 1 €, la quasi-totalité de vos dividendes est donc taxée comme une rémunération. Pour que l'EURL soit avantageuse sur les dividendes, il faut capitaliser (voir dividendes EURL 2026).
L'EURL permet en revanche d'accéder à l'IS, de déduire des frais réels et de piloter la rémunération. Elle est pertinente pour les consultants qui veulent une structure pérenne sans les cotisations patronales de la SASU, et qui planifient bien leur capital social.
4. SASU à l'IS
La SASU est le statut de référence pour les consultants freelances en 2026. Le président est assimilé salarié : cotisations patronales + salariales, retraite AGIRC-ARRCO, CPAM et indemnités journalières jusqu'à 114 €/jour en cas d'arrêt maladie.
L'avantage majeur : les dividendes sont soumis uniquement à la flat tax de 31,4 % (18,6 % de prélèvements sociaux + 12,8 % d'IR), sans cotisations SSI, quelle que soit la taille de votre capital. Pas de règle des 10 % comme en EURL. C'est ce qui rend la SASU imbattable dès que le CA dépasse ~80–100 k€ avec une bonne optimisation salaire/dividendes.
La SASU est aussi compatible avec l'ARE (allocation chômage) si vous quittez un CDI en rupture conventionnelle : vous pouvez créer votre SASU, ne pas vous verser de salaire, percevoir vos droits au chômage, et vous rémunérer uniquement en dividendes (non écrêtés par France Travail). C'est la stratégie SASU sans salaire détaillée par ailleurs.
Inconvénient : coût total salarié élevé (~150–160 % du net) si vous optez pour un salaire élevé, et comptabilité plus lourde qu'une micro-entreprise (liasse fiscale, assemblée générale annuelle, greffe).
5. Portage salarial
Le portage salarial n'est pas à proprement parler un statut juridique, mais une option intermédiaire : vous êtes salarié d'une société de portage qui facture vos clients et vous verse un salaire après déduction de ses frais (~8–12 %). Vous bénéficiez automatiquement de l'ARE, de la retraite AGIRC-ARRCO et de la couverture CPAM.
Avantage : simplicité totale, zéro comptabilité, accès immédiat à l'ARE. Inconvénient : coût élevé (les frais de portage + charges sociales représentent ~45–55 % de votre CA HT) et impossibilité d'optimiser avec des dividendes. Pour un consultant avec un CA régulier au-dessus de 70 k€, la SASU sera quasi systématiquement plus avantageuse à partir de la 2e ou 3e année.
TJM consultant freelance 2026 par spécialité
Le TJM dépend de votre secteur, de votre niveau d'expérience et de votre capacité à vous positionner sur des missions à forte valeur ajoutée. Voici les fourchettes observées en 2026 :
| Spécialité | Junior (0–3 ans) | Confirmé (3–8 ans) | Senior / Expert |
|---|---|---|---|
| Management / Stratégie | 400–600 €/j | 600–900 €/j | 900–1 500 €/j |
| Transformation digitale | 350–550 €/j | 550–800 €/j | 800–1 200 €/j |
| IT / SAP / ERP | 450–650 €/j | 650–950 €/j | 950–1 400 €/j |
| Finance / Contrôle de gestion | 350–550 €/j | 550–800 €/j | 800–1 000 €/j |
| RH / Talent management | 300–500 €/j | 500–700 €/j | 700–900 €/j |
| Marketing / Growth | 250–400 €/j | 400–600 €/j | 600–700 €/j |
Pour calculer votre TJM cible à partir du revenu net souhaité, la formule est simple :
TJM = revenu net souhaité / (jours facturables × coefficient de conversion)
Le coefficient de conversion dépend de votre statut. À titre indicatif et pour ~200 jours facturables/an : en micro-BNC, le coefficient est d'environ 0,57 (abattement 34 % + URSSAF 23,1 % + IR) ; en SASU optimisée à 80 k€ CA, il est d'environ 0,55–0,62 selon l'arbitrage salaire/dividendes. Utilisez le simulateur TJM ou le simulateur en haut de cette page pour obtenir votre chiffre exact.
N'oubliez pas d'intégrer les périodes inter-missions dans votre calcul. Un consultant qui facture 180 jours/an à 600 €/j génère 108 k€ de CA HT — mais s'il facture seulement 150 jours (un mois et demi d'inter), il tombe à 90 k€. Votre TJM doit absorber ces creux.
Frais déductibles spécifiques aux consultants freelances
Dès que vous passez au régime réel (EI BNC 2035, EURL IS ou SASU IS), vous pouvez déduire vos frais professionnels réels de votre bénéfice imposable. Voici les principaux postes pour un consultant :
Formations et certifications
Les certifications professionnelles sont 100 % déductibles : PMP, PRINCE2, ITIL, certifications cloud (AWS, Azure, GCP), certifications Six Sigma, MBA modules… Conservez les attestations et factures. En SASU, vous pouvez en plus activer le Crédit d'Impôt Formation Dirigeant (CIFD) : jusqu'à ~974 €/an de crédit d'IS supplémentaire pour vos 40 premières heures de formation annuelle, doublé pour les TPE.
Abonnements et veille professionnelle
Harvard Business Review, Les Échos, Financial Times, Gartner, McKinsey Quarterly, rapports sectoriels : ces abonnements sont déductibles à 100 % au titre de la veille professionnelle. De même pour les outils SaaS de productivité (Notion, Slack, Miro, Figma, PowerPoint 365, outils IA comme ChatGPT ou Claude). Pensez à utiliser une carte bancaire professionnelle et à conserver les factures.
RC Pro consultant
Une Responsabilité Civile Professionnelle est indispensable pour couvrir les erreurs de conseil. Comptez 800 à 3 000 €/an selon votre secteur et le niveau de couverture. Cette prime est intégralement déductible du résultat imposable en EURL/SASU.
Déplacements professionnels
Déplacements chez les clients, missions en province ou à l'étranger : vous pouvez déduire les frais réels (train, avion, hôtel, taxis) ou utiliser le barème kilométrique pour votre véhicule personnel. En SASU, les indemnités forfaitaires de déplacement (IFD/IGD) permettent de rembourser ces frais sans charges ni IR, avec des forfaits simplifiés (nuitée province ~55,10 €/nuit, repas ~21,10 €).
Coworking et bureau à domicile
L'abonnement coworking est déductible à 100 % et la TVA est récupérable (contrairement à une quote-part bureau domicile). Pour un abonnement à 250 €/mois HT, c'est ~3 000 €/an de charge déductible + 600 € de TVA récupérée. Voir le guide coworking vs bureau domicile.
DAS-2 : déclaration des honoraires versés
Si vous versez des honoraires à des sous-traitants ou des experts au-delà de 1 200 €/an, vous devez déposer une déclaration DAS-2 auprès de la DGFiP avant le 31 janvier N+1. C'est une obligation méconnue, passible d'une pénalité de 15 % des sommes non déclarées. La DAS-2 se dépose en ligne via impots.gouv.fr.
Stratégie optimale selon votre niveau de CA
CA < 50 k€ : micro-BNC + ACRE
À moins de 50 k€ de CA annuel, la micro-entreprise BNC est dans la grande majorité des cas la solution la plus simple et la plus rentable. L'abattement forfaitaire de 34 % couvre les charges habituelles d'un consultant débutant. Si vous créez votre micro-entreprise après le 1er juillet 2026, vous bénéficiez de l'ACRE à 25 % la première année, ce qui réduit significativement vos cotisations URSSAF.
La seule raison de ne pas choisir la micro à ce stade est si vous avez des droits ARE à préserver suite à une rupture conventionnelle — dans ce cas, une SASU sans salaire est souvent plus avantageuse.
CA entre 50 k€ et 80 k€ : micro-BNC ou SASU, selon votre situation
C'est la zone de transition. La micro-BNC reste souvent plus avantageuse en net pur (grâce à l'abattement et à l'absence de comptabilité), mais la SASU devient intéressante si vous avez des droits ARE à cumuler, si vous avez des frais réels élevés (déplacements fréquents, certifications, coworking) ou si vous prévoyez de dépasser 83 600 € rapidement.
À 60 k€ de CA avec 8 k€ de frais réels, la micro-BNC donnera typiquement ~35–37 k€ net annuel et la SASU ~33–36 k€ selon l'arbitrage salaire/dividendes. Faites tourner le simulateur avec votre situation exacte.
CA entre 80 k€ et 120 k€ : SASU IS
Au-delà de 80 k€ de CA, la SASU IS avec un arbitrage salaire/dividendes optimisé (typiquement 2 500–3 000 €/mois de salaire brut + dividendes en fin d'exercice) dépasse la micro-BNC sur le net. Les frais déductibles spécifiques (déplacements, certifications, coworking, RC Pro) s'y ajoutent pour creuser l'écart.
À 100 k€ de CA avec 20 k€ de frais réels (déplacements + RC Pro + coworking + formations), vous pouvez viser ~55–60 k€ net annuel en SASU bien optimisée.
CA > 120 k€ : SASU IS + options avancées
Au-delà de 120 k€ de CA, les leviers d'optimisation avancés deviennent pertinents : PER pour réduire la base imposable (jusqu'à ~87 k€/an de déduction pour les TNS, moins pour les salariés), prévoyance Madelin, épargne salariale (PEE/PERCOL), DUE pour le ticket restaurant et le forfait mobilités durables. À 150 k€ de CA, une holding devient envisageable pour capitaliser les excédents au taux d'IS de 15–25 % avant de les distribuer.
Cas chiffrés complets
Cas 1 — Consultant management SASU, 100 k€ de CA
Thomas, consultant en management senior, génère 100 k€ HT de CA annuel. Il est en SASU IS depuis 2 ans, avec un capital de 5 000 €. Ses frais déductibles annuels : RC Pro 1 200 €, coworking 2 400 €, déplacements 4 000 €, formation PRINCE2 800 €, abonnements pro 600 €, soit 9 000 € de charges réelles.
Résultat brut avant rémunération : 100 000 € – 9 000 € = 91 000 €. Salaire mensuel brut : 3 000 €, soit 36 000 € brut annuel (≈ 2 050 € net/mois). Cotisations patronales + salariales : ~17 000 €. Bénéfice IS : 91 000 € – 36 000 € – 17 000 € = 38 000 €. IS : 38 000 € × 15 % = 5 700 € (taux réduit PME car bénéfice ≤ 42 500 €). Résultat net après IS : 32 300 €, distribuables en dividendes. Flat tax 31,4 % : 32 300 € × 0,314 = 10 142 €. Dividendes nets : 22 158 €.Net total annuel : ~24 600 € (salaire net) + 22 158 € (dividendes nets) ≈ 46 758 €.
En comparaison, un consultant micro-BNC au même CA de 100 k€ avec 9 k€ de frais réels (qui ne sont PAS déductibles en micro) : Base imposable micro : 100 000 € × 66 % = 66 000 € (abattement 34 %). URSSAF : 100 000 € × 23,1 % = 23 100 €. IR sur 66 000 € (TMI 30 %) : ~12 000 €.Net micro : ≈ 64 900 €.
Surprise : à 100 k€ de CA et seulement 9 k€ de frais réels, la micro-BNC est encore plus avantageuse que la SASU. L'écart se renverse autour de 120–130 k€ de CA, ou plus tôt si les frais réels dépassent ~25–30 k€/an.
Cas 2 — Consultant IT SASU, 150 k€ de CA
Sophie, consultante en transformation digitale senior, génère 150 k€ HT. Elle est en SASU IS avec 10 000 € de capital. Ses frais : RC Pro 2 000 €, déplacements 8 000 €, coworking 3 000 €, formations + certifications 3 000 €, abonnements SaaS 1 200 €, matériel 2 000 €, soit 19 200 € de charges.
Résultat brut : 150 000 € – 19 200 € = 130 800 €. Salaire mensuel brut : 3 500 €, soit 42 000 € brut annuel (≈ 2 380 € net/mois). Cotisations patronales + salariales : ~20 000 €. Bénéfice IS : 130 800 € – 42 000 € – 20 000 € = 68 800 €. IS : 42 500 € × 15 % + 26 300 € × 25 % = 6 375 € + 6 575 € = 12 950 €. Résultat net après IS : 55 850 €. Flat tax 31,4 % : 55 850 € × 0,314 = 17 537 €. Dividendes nets : 38 313 €.Net total annuel : ~28 560 € (salaire net) + 38 313 € (dividendes nets) ≈ 66 873 €.
À 150 k€ de CA, la micro-BNC serait plafonnée à 83 600 € (donc non éligible). En EI réel BNC ou EURL IR à 150 k€, le net serait d'environ 55–60 k€. La SASU IS optimisée gagne nettement à ce niveau de CA.
Spécificités contractuelles pour les consultants
Régie vs forfait : impact fiscal et juridique
En régie, vous facturez à la journée (TJM). La reconnaissance du CA se fait au fil des jours prestés. En forfait, vous facturez une mission à prix fixe. Fiscalement, les deux régimes sont identiques pour un consultant BNC en trésorerie : le CA est reconnu à l'encaissement. En comptabilité d'engagement (option art. 93 A CGI), le forfait doit être reconnu prorata temporis à l'avancement — complexité supplémentaire.
Sur le plan contractuel, le forfait expose davantage à des dépassements non facturables (périmètre mal défini). Préférez des clauses de réserve de charge bien rédigées et un contrat de prestation avec limitation de responsabilité.
Clause de non-concurrence post-mission
Certains contrats-cadres grandes entreprises incluent une clause de non-concurrence interdisant de travailler pour des concurrents directs pendant 6 à 24 mois après la fin de la mission. Lisez attentivement ces clauses avant signature : une clause mal négociée peut bloquer votre activité. En France, une clause de non-concurrence doit être assortie d'une contrepartie financière pour être valide — une clause sans compensation est nulle de plein droit (Cass. Soc. 2002).
Sous-traitance et obligations donneur d'ordre
Si vous faites appel à des sous-traitants pour des missions dépassant 5 000 € HT, vous devez vérifier que votre sous-traitant est en règle avec l'URSSAF (attestation de vigilance) sous peine d'être solidairement responsable de ses dettes sociales et fiscales. Voir le guide sous-traitance freelance.
6 pièges fréquents pour les consultants freelances
1. Requalification du contrat en CDI (salariat déguisé)
Si vous travaillez exclusivement pour un seul client pendant plus de 18 mois avec un lien de subordination caractérisé (horaires imposés, matériel fourni, intégration dans l'organigramme, directives opérationnelles continues), votre contrat freelance risque d'être requalifié en CDI par les prud'hommes. Conséquences : rappel de charges URSSAF sur 3 ans + indemnités de licenciement + dommages-intérêts.
Protégez-vous en diversifiant vos clients (pas plus de 70–80 % du CA chez un seul client idéalement), en conservant votre autonomie opérationnelle, en fournissant votre propre matériel et en documentant votre indépendance dans les contrats. Voir le guide requalification freelance en CDI.
2. Capital EURL à 1 € et dividendes soumis aux cotisations SSI
En EURL avec un capital de 1 €, la quasi-totalité de vos dividendes dépasse le seuil des 10 % du capital social et est donc soumise aux cotisations SSI (~45 %). Résultat : vos dividendes sont fiscalement équivalents à une rémunération TNS, et l'avantage supposé de l'EURL disparaît. Soit vous augmentez votre capital (à 30 000–50 000 € par exemple), soit vous optez pour la SASU où ce problème n'existe pas.
3. Oubli de la DUE (Décision Unilatérale de l'Employeur) en SASU
En SASU, vous ne pouvez activer ticket restaurant, forfait mobilités durables (FMD), prime de partage de la valeur (PPV) et prévoyance exonérée de charges qu'en rédigeant une DUE préalable. Sans DUE, ces avantages sont requalifiés en complément de salaire soumis à charges (+43 % patronal) et à IR. Coût de l'omission : 3 000–8 000 € sur 3 ans.
4. Clause d'exclusivité CDI ignorée
Si vous êtes encore en CDI et que vous créez votre activité de conseil en parallèle, vérifiez votre contrat de travail. Certains contrats comportent une clause d'exclusivité (différente d'une clause de non-concurrence) qui interdit toute activité salariée ou indépendante hors de l'employeur. Sa violation peut justifier un licenciement pour faute grave, sans indemnités. Si vous avez une clause de non-concurrence post-rupture, elle vous interdit d'exercer pour des concurrents directs — même en freelance — sauf si elle est nulle (sans contrepartie financière).
5. Oubli de la DAS-2 pour les sous-traitants
Dès que vous versez plus de 1 200 €/an à un tiers (sous-traitant, consultant externe, juriste), vous avez l'obligation de déposer la déclaration DAS-2 (déclaration des honoraires et commissions versés) avant le 31 janvier N+1. Pénalité : 15 % des sommes non déclarées. Déposez-la via impots.gouv.fr (service Pro > Déclarer > DAS-2).
6. Confusion BNC (conseil pur) et BIC (vente de produits/logiciels)
Un consultant qui revend des licences logicielles à ses clients à titre principal génère des revenus BIC, pas BNC. Si vous mélangez les deux sans les distinguer, vous risquez un redressement fiscal. En micro-entreprise, cela change l'abattement (34 % BNC vs 50 % BIC services), les taux URSSAF (23,1 % vs 21,2 %) et le plafond (83 600 € pour les deux depuis 2026 — les deux seuils ont été alignés).
Récapitulatif : quel statut choisir selon votre profil ?
| Profil | Statut recommandé | Raison principale |
|---|---|---|
| Démarrage, CA < 50 k€, peu de frais | Micro-BNC | Simplicité + net compétitif + ACRE |
| CDI en parallèle, CA < 83 k€ | Micro-BNC | Double affiliation simple, plafond respecté |
| Rupture conventionnelle + droits ARE | SASU sans salaire | ARE maintenu + dividendes non écrêtés |
| CA 80–120 k€, frais réels > 20 k€ | SASU IS | Déduction frais + flat tax dividendes 31,4 % |
| CA > 120 k€, optimisation maximale | SASU IS + leviers avancés | PER, DUE, épargne salariale, holding |
| Simplicité absolue, pas d'optimisation | Portage salarial | Zéro compta, ARE automatique |
Le simulateur de cette page vous donnera un calcul personnalisé au centime près selon votre CA, votre statut, votre salaire et vos options (ACRE, ARE, frais réels). C'est le point de départ incontournable avant toute décision.
Pour aller plus loin, consultez aussi notre comparatif SASU vs EURL, portage salarial vs SASU, quitter son CDI pour devenir freelance et rupture conventionnelle et ARE.