Créer une micro-entreprise en 2026 : guide complet auto-entrepreneur

Inscription, plafonds de CA, taux de cotisations, franchise TVA, ACRE et obligations comptables : le guide complet pour créer votre micro-entreprise en 2026.

Calculez votre net en pocheComparez SASU, EURL, micro-entreprise et plus — gratuit et instantané
Lancer le simulateur →

Micro-entreprise, auto-entrepreneur, auto-entreprise… Derrière ces termes se cache un seul et même statut juridique, le plus simple et le plus rapide à créer en France. En 2026, l'inscription se fait en quelques minutes sur le site officiel de l'URSSAF, sans capital social ni comptabilité complexe. Mais avant de vous lancer, voici tout ce qu'il faut savoir : plafonds de chiffre d'affaires, taux de cotisations, franchise TVA, ACRE et surtout — à quel moment ce statut devient moins avantageux qu'une EURL ou une SASU.

Micro-entreprise ou auto-entrepreneur : quelle différence ?

Aucune différence depuis 2016. La loi Pinel a fusionné les deux régimes en un statut unique appelé micro-entreprise. Le terme « auto-entrepreneur » reste utilisé couramment, mais il désigne désormais exactement la même chose. Vous pouvez employer l'un ou l'autre indifféremment.

Techniquement, la micro-entreprise est une entreprise individuelle (EI) qui bénéficie du régime micro-social et du régime micro-fiscal — deux simplifications qui permettent de calculer cotisations et impôt sur le revenu en appliquant un simple pourcentage au chiffre d'affaires encaissé.

Conditions d'éligibilité et plafonds de CA 2026

Pour bénéficier du régime micro-entreprise en 2026, votre chiffre d'affaires annuel ne doit pas dépasser :

Type d'activitéPlafond CA 2026
Vente de marchandises, hébergement (BIC)188 700 €
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)83 600 €
Professions libérales réglementées ou non (BNC)83 600 €

Ces plafonds sont identiques pour les services BIC et BNC — la distinction entre « 77 700 € » et « 101 550 € » qui circulait auparavant ne s'applique plus en 2026.

Si vous dépassez ces seuils deux années civiles consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel et devez créer une EI classique, une EURL ou une SASU.

Activités exclues du régime micro : les activités agricoles (relevant de la MSA), certaines professions libérales réglementées comme les avocats, notaires, ou experts-comptables inscrits à un ordre, ainsi que les activités de location meublée professionnelle (LMP).

Comment créer sa micro-entreprise en 2026 : les étapes

1. Préparer les pièces nécessaires

L'inscription ne prend que quelques minutes, mais préparez à l'avance :

  • Votre pièce d'identité (carte nationale ou passeport)
  • Votre numéro de sécurité sociale
  • Un justificatif de domicile de moins de 3 mois
  • Votre IBAN (pour les prélèvements URSSAF)
  • Si activité artisanale : une attestation de qualification professionnelle peut être demandée

2. S'inscrire sur autoentrepreneur.urssaf.fr

Rendez-vous sur autoentrepreneur.urssaf.fr, le portail officiel de l'URSSAF. Vous devrez renseigner :

  • Votre identité et coordonnées
  • La nature de votre activité (code APE / NAF — suggéré automatiquement)
  • Votre adresse de début d'activité (siège de l'entreprise, souvent votre domicile)
  • La date de début d'activité souhaitée
  • Le choix de la périodicité de déclaration : mensuelle ou trimestrielle

Délai : l'inscription est instantanée en ligne. Vous recevez votre numéro SIRET sous 1 à 4 semaines (l'INSEE dispose d'un délai de traitement). Vous pouvez commencer à facturer dès réception de votre SIRET.

Frais : la création d'une micro-entreprise est gratuite. Aucun capital social, aucun dépôt de fonds, aucune annonce légale.

3. Déclarer votre activité au CFE compétent (si artisan)

Pour les activités artisanales, une immatriculation au Répertoire des Métiers (RM) est nécessaire en parallèle. Cette démarche est intégrée au guichet unique de l'INPI depuis 2023. Pour les activités commerciales, l'immatriculation au RCS reste optionnelle pour les micro-entrepreneurs.

Taux de cotisations sociales 2026

Le régime micro-social simplifié vous permet de calculer vos cotisations en appliquant un pourcentage fixe à votre chiffre d'affaires encaissé, sans assiette minimale. Si vous ne facturez rien, vous ne payez rien.

Type d'activitéTaux de cotisations 2026
Vente de marchandises (BIC achat-revente)12,3 %
Prestations de services artisanales ou commerciales (BIC)21,2 %
Professions libérales (BNC — CIPAV ou PLNR)23,1 %
Location meublée de tourisme classée6 %

Ces cotisations couvrent la maladie, la retraite de base, la retraite complémentaire (CIPAV pour certaines professions libérales), les allocations familiales, la CSG et la CRDS. Elles n'incluent pas l'assurance chômage (vous ne cotisez pas pour l'ARE en micro).

Attention à la protection retraite : avec un CA inférieur à environ 20 000 €/an en BNC, vous ne validez pas les 4 trimestres de retraite annuels. Si la retraite est un enjeu, vérifiez vos droits via votre compte lassurance-retraite.fr.

Imposition sur le revenu en micro-entreprise

Par défaut, votre bénéfice micro est intégré à votre déclaration de revenus (IR) après application d'un abattement forfaitaire pour charges :

  • 71 % pour la vente de marchandises
  • 50 % pour les prestations de services BIC
  • 34 % pour les professions libérales BNC

Ce bénéfice imposable est ensuite soumis au barème progressif de l'IR. Exemple : pour un consultant BNC avec 60 000 € de CA, le bénéfice imposable est de 60 000 × 66 % = 39 600 €.

L'option versement libératoire

Si votre revenu fiscal de référence N-2 est inférieur à 27 478 € par part (seuil 2026), vous pouvez opter pour le versement libératoire de l'IR : vous payez un pourcentage fixe de votre CA en même temps que vos cotisations, et cela solde définitivement votre IR sur cette activité.

ActivitéTaux VLI
Vente de marchandises1 %
Prestations de services BIC1,7 %
BNC (professions libérales)2,2 %

Le VLI est intéressant si votre taux marginal d'imposition est élevé, mais peut devenir défavorable si votre revenu global est faible (le VLI s'applique même si vous n'avez pas d'IR à payer).

Franchise en base de TVA

En micro-entreprise, vous bénéficiez par défaut de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas la TVA à vos clients et ne la déduisez pas sur vos achats. Vos factures doivent porter la mention « TVA non applicable — article 293 B du CGI ».

La franchise s'applique tant que votre CA ne dépasse pas :

Type d'activitéSeuil franchise TVA 2026Seuil de tolérance
Prestations de services / libéral37 500 €41 250 €
Vente de marchandises85 000 €93 500 €

Si votre CA dépasse le seuil de tolérance, vous êtes soumis à la TVA dès le 1er jour du mois du dépassement (rétroactivement depuis le 1er janvier 2025 — nouveau régime).

Attention si vous travaillez avec des professionnels : vos clients assujettis à la TVA ne peuvent pas récupérer la TVA sur vos factures — vous avez donc un désavantage tarifaire de 20 % par rapport à un concurrent assujetti. Au-dessus de 37 500 € de CA en services, l'option volontaire à la TVA mérite d'être envisagée.

ACRE : exonération de cotisations au démarrage

L'Aide à la Création ou à la Reprise d'Entreprise (ACRE) vous permet de bénéficier d'une réduction de cotisations sociales lors de votre première année d'activité.

⚠️ Réforme importante : à partir du 1er juillet 2026, le taux d'exonération ACRE est réduit de 50 % à 25 %. Si vous pouvez anticiper votre création avant cette date, vous bénéficiez d'un an d'exonération à 50 % au lieu de 25 %.

Période de créationTaux d'exonération ACRE
Avant le 1er juillet 202650 % pendant 1 an
À partir du 1er juillet 202625 % pendant 1 an

Qui peut bénéficier de l'ACRE ? Les demandeurs d'emploi indemnisés (ARE), les bénéficiaires du RSA, les jeunes de 18 à 25 ans, les personnes en situation de handicap, et d'autres publics spécifiques. La demande se fait via le formulaire ACRE sur le guichet unique au moment de la création.

Consultez notre article dédié sur l'ACRE 2026 et la réforme du taux pour une simulation chiffrée par statut.

Obligations comptables et administratives

L'un des atouts majeurs de la micro-entreprise est la simplicité administrative. Voici ce que vous devez tenir :

  • Livre des recettes : noter chronologiquement chaque encaissement (date, montant, référence de facture, client). Un tableur suffit.
  • Registre des achats (obligatoire uniquement pour les activités de vente) : noter toutes vos dépenses d'achat-revente.
  • Compte bancaire dédié : obligatoire si votre CA dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives. En pratique, recommandé dès le départ pour séparer vos flux.
  • Factures conformes : mentions obligatoires (SIRET, mention TVA non applicable, conditions de paiement, numéro de facture).
  • Pas de bilan, pas de liasse fiscale : contrairement aux sociétés (EURL, SASU), aucune comptabilité formelle n'est exigée.

Déclaration et paiement des cotisations URSSAF

Vous déclarez votre chiffre d'affaires sur autoentrepreneur.urssaf.fr selon la périodicité choisie à la création :

  • Mensuelle : déclaration et paiement avant le dernier jour de chaque mois (pour le CA du mois précédent).
  • Trimestrielle : déclaration avant le dernier jour du mois suivant la fin du trimestre (30 avril, 31 juillet, 31 octobre, 31 janvier).

Si votre CA est nul sur une période, vous déclarez quand même « 0 » — et vous ne payez rien. Pas de cotisations minimales en micro-entreprise, contrairement au régime réel (EI, EURL).

Quand passer de la micro-entreprise à l'EURL ou la SASU ?

La micro-entreprise n'est pas toujours le statut le plus avantageux sur le plan fiscal. Il existe plusieurs seuils au-delà desquels une structure en société devient plus intéressante.

Le plafond de CA

Au-delà de 83 600 € de CA en services (deux années consécutives), vous êtes contraint de sortir du régime micro. Mais la bascule mérite souvent d'être anticipée bien avant.

Le seuil de rentabilité fiscale

En micro BNC, vous payez des cotisations sur 100 % de votre CA — sans déduction de charges. Si vos charges réelles sont supérieures à l'abattement forfaitaire de 34 % (matériel, locaux, logiciels, déplacements…), le régime réel devient immédiatement plus avantageux.

En général, à partir de 40 000–50 000 € de CA annuel en prestations de services, une EURL ou une SASU peut dégager plus de revenu net, notamment grâce à :

  • La déduction des charges professionnelles réelles
  • L'optimisation salaire/dividendes (SASU)
  • La déduction du PER et des frais mixtes

L'ARE et la SASU

Si vous êtes demandeur d'emploi indemnisé, la SASU vous permet de vous verser un salaire nul et de conserver l'intégralité de votre ARE pendant la durée de vos droits. La micro-entreprise ne vous permet pas ce cumul optimal (vos revenus micro-entreprise sont pris en compte dans le calcul du reliquat ARE).

Consultez notre article sur le passage de la micro à l'EURL ou SASU pour une comparaison détaillée.

Résumé : micro-entreprise 2026 en un coup d'œil

CritèreMicro-entreprise 2026
Plafond CA services83 600 €
Plafond CA vente188 700 €
Cotisations BNC (libéral)23,1 % du CA
Cotisations BIC services21,2 % du CA
Abattement forfaitaire BNC34 %
Franchise TVA services37 500 €
ACRE (avant juil. 2026)50 % d'exonération 1 an
ACRE (après juil. 2026)25 % d'exonération 1 an
Coût création0 €
Capital socialNon requis
ComptabilitéLivre des recettes uniquement

La micro-entreprise est idéale pour démarrer une activité, tester un projet ou exercer une activité complémentaire. Mais si vous avez un CA significatif, des charges réelles importantes, ou des droits ARE à préserver, une EURL ou une SASU peut vous faire gagner plusieurs centaines à milliers d'euros par an.

→ Simuler mon revenu net en micro-entreprise vs EURL vs SASU

Articles associés

FiscalitéDividendes en SASU 2026 : fiscalité, flat tax et optimisationFiscalitéDividendes en EURL 2026 : fiscalité et cotisations SSI expliquéesStatut juridiqueEntrepreneur individuel (EI) 2026 : statut unique, IS/IR et cotisations TNS
← Tous les articles