Capital social SASU et EURL 2026 : quel montant choisir ?

1 €, 1 000 € ou 30 000 € ? Le montant du capital social a un impact fiscal majeur en EURL (règle des 10 % sur les dividendes) et un impact crédibilité en SASU. Guide complet avec exemples chiffrés et recommandations par profil de CA.

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Lors de la création d'une SASU ou d'une EURL, l'une des premières décisions est le montant du capital social. La loi permet de démarrer avec 1 € symbolique. Mais ce choix n'est pas anodin — surtout en EURL, où le capital détermine directement la fiscalité de vos dividendes.

En pratique, beaucoup de freelances choisissent 1 € sans mesurer les conséquences fiscales qui en découlent. Ce guide vous explique l'impact réel du capital social selon votre structure, avec des exemples chiffrés.

Le minimum légal : 1 € est possible, mais rarement optimal

Depuis la loi NRE de 2001 pour les SARL et la pratique généralisée pour les SAS, le capital social minimum est fixé à 1 € pour une EURL ou une SASU. Légalement, cela suffit pour immatriculer votre société.

En pratique, un capital à 1 € envoie un signal négatif aux banques et aux clients. Mais l'impact va plus loin en EURL : il crée une trappe fiscale sur vos dividendes.

L'impact fiscal décisif en EURL : la règle des 10 %

En EURL IS, les dividendes que vous versez ne sont pas tous soumis au même régime fiscal. La loi distingue deux parties :

  • La part "normale" : dividendes ne dépassant pas 10 % du capital social + des apports en compte courant d'associé (CCA). Ces dividendes sont soumis uniquement à la flat tax PFU de 31,4 % (18,6 % de prélèvements sociaux + 12,8 % d'IR).
  • La part excédentaire : dividendes dépassant 10 % (capital + CCA). Cette part est considérée comme une rémunération déguisée et est soumise aux cotisations sociales SSI, soit environ 45 % supplémentaires sur le montant excédentaire.

Le CCA (compte courant d'associé) entre dans le calcul du seuil. Si vous avez avancé de l'argent à votre société via un CCA, cela augmente la base d'exonération. Voir notre guide sur le compte courant d'associé.

Exemple chiffré : impact du capital sur vos dividendes EURL

Supposons que vous souhaitez vous verser 20 000 € de dividendes par an depuis votre EURL IS. Voici l'impact selon le capital social (en l'absence de CCA) :

Capital socialSeuil 10 %Dividendes en flat tax (31,4 %)Dividendes soumis SSI (~45 %)Coût fiscal supplémentaire vs SASU
1 €0,10 €0,10 €~19 999,90 €~2 600 € de charges supplémentaires
1 000 €100 €100 €~19 900 €~2 585 € de charges supplémentaires
10 000 €1 000 €1 000 €~19 000 €~2 470 € de charges supplémentaires
30 000 €3 000 €3 000 €~17 000 €~2 210 € de charges supplémentaires
200 000 €20 000 €20 000 €0 €0 € (entièrement en flat tax)

Estimation approximative basée sur un taux de cotisations SSI de ~13 % sur la part excédentaire (taux marginal, hors abattement). Le coût réel varie selon votre tranche de revenu.

La conclusion est claire : avec un capital à 1 €, quasiment tous vos dividendes EURL supportent des cotisations SSI. La flat tax est réservée à une portion infime. C'est l'une des pièges les plus courants des EURL créées à la légère.

Le rôle du CCA dans le calcul du seuil

Bonne nouvelle : si vous avez apporté des fonds à votre EURL via un compte courant d'associé, ce montant s'ajoute au capital pour calculer le seuil des 10 %. Un CCA de 50 000 € avec un capital de 1 € donne un seuil de 5 000,10 € — nettement mieux qu'avec le capital seul.

Mais le CCA a ses propres limites : les intérêts versés sont plafonnés (taux légal DGFiP), et le remboursement est soumis à la disponibilité de trésorerie. Ce n'est pas un substitut parfait à un capital bien dimensionné.

En SASU : le capital n'a pas d'impact sur les cotisations

En SASU IS, la règle des 10 % ne s'applique pas. Tous vos dividendes sont soumis à la flat tax PFU de 31,4 %, quel que soit le montant du capital social. Un capital à 1 € ou à 100 000 € ne change rien à la fiscalité de vos dividendes.

L'impact du capital en SASU est donc principalement pratique et de crédibilité, pas fiscal.

Pour comparer la fiscalité dividendes EURL vs SASU en détail, consultez notre article dédié : dividendes EURL vs SASU 2026.

L'impact crédibilité : banques, clients et appels d'offres

Même en SASU où le capital n'a pas d'impact fiscal, un capital trop faible peut poser des problèmes pratiques :

  • Banques : un capital à 1 € peut compliquer l'obtention d'un découvert, d'un prêt professionnel ou de conditions favorables sur votre compte pro. Les banques regardent le Kbis.
  • Clients grands comptes : certaines entreprises ont des seuils minimum de capital social dans leurs critères de référencement fournisseur (souvent 1 000 € à 10 000 €).
  • Appels d'offres publics : les marchés publics peuvent exiger des garanties financières. Un capital symbolique fragilise votre dossier.
  • Crédibilité générale : un client qui vérifie votre société sur Infogreffe voit votre capital. 1 € peut susciter des questions.

Augmenter le capital après la création : possible mais coûteux

Si vous avez démarré avec un capital insuffisant, vous pouvez l'augmenter ultérieurement. Mais la procédure est administrative et coûteuse :

  • Décision de l'associé unique formalisée par un procès-verbal d'AGE
  • Publication dans un Journal d'Annonces Légales (JAL) : environ 150 €
  • Dépôt au greffe du tribunal de commerce : environ 200-250 €
  • Honoraires d'expert-comptable si vous faites appel à lui : 300-500 € supplémentaires
  • Délai : 2 à 4 semaines

Au total, augmenter son capital coûte entre 350 € et 900 €. Il est donc préférable de prévoir le bon montant dès la création, quand l'immatriculation est de toute façon déjà en cours.

Recommandations pratiques par profil

Voici des recommandations concrètes selon votre structure et votre niveau de revenus :

ProfilStructureCapital social recommandéRaison principale
Freelance démarrant, peu de dividendes prévusSASU1 000 € à 5 000 €Crédibilité minimale, aucun impact fiscal
Freelance établi, dividendes importantsSASU5 000 € à 10 000 €Crédibilité renforcée auprès des banques
CA ~50 000 €, dividendes ~10 000 €/anEURL IS≥ 10 000 €Couvre entièrement les dividendes via la règle 10 %
CA ~80 000 €, dividendes ~20 000 €/anEURL IS≥ 20 000 €Évite les cotisations SSI sur la majorité des dividendes
CA ≥ 100 000 €, dividendes ~40 000 €/anEURL IS≥ 40 000 €Ou envisager de passer en SASU

En règle générale en EURL : capital ≥ dividendes annuels envisagés × 10. Si vous prévoyez 15 000 € de dividendes, visez un capital d'au moins 15 000 €. Cela garantit que vos dividendes entrent entièrement dans la zone exonérée de cotisations SSI.

EURL ou SASU : quel statut pour la distribution de dividendes ?

Si vous prévoyez de vous verser beaucoup de dividendes chaque année et que votre CA est élevé, il peut être plus simple de créer une SASU plutôt qu'une EURL. En SASU, 100 % des dividendes sont en flat tax (31,4 %), sans contrainte de capital. En EURL, même avec un capital élevé, vous devrez surveiller le seuil chaque année.

À l'inverse, l'EURL permet des cotisations TNS moins élevées sur la partie salaire que la SASU — l'arbitrage dépend de votre niveau de CA et de la répartition salaire/dividendes. Le simulateur DansTaPoche vous donne une comparaison précise.

Comment fixer le capital lors de la création

Lors de la création de votre SASU ou EURL, voici la marche à suivre pour le capital :

  1. Estimez vos dividendes annuels : combien pensez-vous distribuer chaque année dès la première année ? Multipliez par 10 pour obtenir le capital EURL recommandé.
  2. Déposez les fonds : le capital doit être déposé sur un compte bloqué (chez votre banque ou un notaire) avant l'immatriculation. Il est débloqué une fois le Kbis obtenu.
  3. Pensez au CCA en complément : si vous avez des besoins de trésorerie à court terme, un apport en CCA est plus flexible qu'un capital élevé (vous pouvez le récupérer plus facilement). Mais n'oubliez pas d'inclure le CCA dans le calcul du seuil 10 %.

Conclusion

Le capital social n'est pas qu'une formalité : en EURL, il détermine directement combien de vos dividendes échappent aux cotisations SSI. Un capital à 1 € signifie que quasiment tous vos dividendes seront soumis à ~45 % de charges supplémentaires — une erreur coûteuse que beaucoup de freelances découvrent trop tard.

En SASU, l'impact fiscal est nul (flat tax sur tous les dividendes), mais un capital minimal vous dessert auprès des banques et des clients grands comptes.

La bonne stratégie : dimensionner le capital dès la création, en tenant compte de vos dividendes prévisionnels et en évitant la procédure coûteuse d'augmentation de capital après coup. Pour voir l'impact de votre capital sur votre revenu net réel selon votre structure, utilisez le simulateur.

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